Sous l’impulsion du programme PARÉ, piloté par la fondation Droit d’Enfance, une réflexion collective autour de l’exploitation sexuelle des mineurs a été menée durant six mois avec 7 structures ultramarines œuvrant pour la santé sexuelle, les droits des enfants et ceux des femmes. Son objectif : mieux comprendre les conditions spécifiques de l’exploitation sexuelle des mineurs dans ces territoires et construire des propositions pour y faire face.
Guyane, Mayotte, La Réunion et Martinique : quatre territoires étaient représentés au travers des différents acteurs mobilisés (AGAV – CIDFF, Akatij, Nariké M’sada, CIDFF Mayotte, EPAA 974, Planning Familial 974, D’Antilles et d’Ailleurs, Mouvement du Nid Martinique). Une réalité commune s’est vite imposée au groupe : si l’exploitation sexuelle des mineurs existe dans ces territoires, elle est souvent peu visible et mal identifiée. En effet, les inégalités structurelles par rapport à l’Hexagone, la pluralité linguistique et l’isolement agissent comme autant de freins pour mettre la lumière sur ce phénomène et apporter du soutien aux victimes.
Trois priorités pour guider l’action des pouvoirs publics sont nées de ce constat : Visibiliser, Coordonner, Protéger. En effet, les réponses conçues pour le territoire hexagonal ne peuvent être transposées littéralement aux territoires dont les réalités économiques, géographiques et administratives en sont si éloignées. En ce sens, des propositions concrètes et adaptées ont été construites autour de chacun des thèmes et transcrites dans un plaidoyer diffusé sur le site internet de Droit d’Enfance.
Parmi les principales recommandations portées par le groupe pour visibiliser le phénomène : la création d’un système harmonisé de collecte des données, d’un plan de formation territorialisé, la structuration de parcours post-signalement, d’instances de coordination entre les acteurs ou encore la pérennisation des financements pour les acteurs qui se mobilisent en soutien des victimes. Des mesures dont les professionnels espèrent désormais voir se saisir les pouvoirs publics dans les mois à venir.

